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Intérêt général et contre-courants politiques.


L'exercice du Pouvoir au sein des sociétés primitives.

Publié par chaalal mourad sur 8 Juin 2016, 11:30am

"A travers le religieux, l'homme primitif réussit souvent à exercer son pouvoir sur ses semblables. La religion primitive était un système de connaissances occultes qui n'avait pas encore atteint le rang des religions révélées, dites : normatives. Son "savoir" qui demeurait inaccessible à l'ensemble des membres du clan, n'était que l'apanage de quelqu'un ou quelques-uns, condition sine qua non pour préserver et assurer l'exercice du pouvoir social et donc politique sur l'ensemble du groupe.".

Le Pouvoir chez les sociétés primitives, c'est-à-dire des sociétés dites sans Etats, n'était pas un organe séparé de la société. L'Occident, qui admet que l'homme est par essence "un animal politique", discernait dans la division sociale entre dominants et dominés. Les disparités sociales entre ceux qui par leur savoir commandent et ceux qui ne savent pas et donc obéissent est l'essence même de la politique et par conséquent, de l'exercice du pouvoir,légitimement ou pas. par un seul individu ou un groupe d'individus sur l’ensemble,

Du moment où le politique, c'est l'exercice du pouvoir, pour le bien de la société ou pour son mal ; la société ne serait concevable donc sans les divisions entre ceux qui commandent et ceux qui obéissent. L'absence de l'exercice du pouvoir nous mène vers les non-sociétés ou l'infra-société.

Chez les peuples primitifs, au début, la religion animiste était le premier mauvais pas, une approche maladroite vers une forme primaire d'organisation de la société. Une hiérarchie pyramidale sacerdotale fut ainsi créée et qui représentait en fait, les balbutiements de ce qu'on désigne aujourd'hui par l'exercice du pouvoir sur une collectivité humaine. Terme qui s'est développé actuellement sous l'appellation de société.

Le pouvoir au sein des peuples primitifs était individuel, exercé et imposé par le plus fort du clan. Le grand chasseur y était le plus puissant, c'était lui qui subvenait aux besoins de tous. En développant des techniques de chasse réfléchies il devint "rationnel". Apparaît ensuite la figure du sorcier, du chamane ou du grand guérisseur. L'irrationnel entre alors en scène, puis une sorte de hiérarchie sous forme de clergé fut construite autour d'un système de rites et de dogmes inhérents à leurs croyances.Devenus par la suite plus sérieux, plus rigoureux et donc plus complexes avec l'apparition des religions normatives, dites "célestes".

Ces peuples réputés "émotionnels" et non rationnels ne pouvaient s'en passer de la croyance et du rituel religieux, en dehors de laquelle aucune moralité ne pouvait être imaginée. La religiosité qu'ils manifestaient, avait une grande importance pour eux.

En effet et en l'absence de système législatif établi, de codes que la société organisée se pose et s'impose à tous, le système de codes religieux s'imposait de fait. Statique, rigide et qui ignore la dynamique historique de l'évolution des sociétés humaines, ce système faisait office d'organisation palliative aux normes et lois établis.

Pour prouver son appartenance au clan; l'individu était contraint d'adopter un comportement social, un mode vestimentaire ou façon d'être ostentatoire et visible à tous. Plus l'être humain avançait dans le savoir et la connaissance rationnelle, donc vers des modèles de sociétés plus organisées et mieux structurées, le peuple se sent moins contraint d'exhiber une quelconque forme de religiosité. L’individu devenu ainsi citoyen, se comportait uniquement conformément aux lois établies.

Dans des sociétés modernes, devant la loi, on cesse d'être considérés comme des fidèles ou des adeptes d'une religion donnée, mais uniquement comme citoyens. La chose religieuse y cesse donc de jouer un rôle primordial, au point de la laisser rythmer le quotidien des hommes dans tous ses détails. Néanmoins la vérité religieuse, qui reste du domaine de la foi, du cœurs et des libertés de conscience de chacun et que la lois établie doit absolument garantir. Contrairement au système de codes religieux des sociétés primitives qui lui, luttait contre toute diversité confessionnelle, perçue comme concurrente et rivale.

A travers le religieux, l'homme primitif réussit souvent à exercer son pouvoir sur ses semblables. La religion primitive était un système de connaissances occultes qui n'avait pas encore atteint le rang des religions révélées, dites : normatives. Son "savoir" qui demeurait inaccessible à l'ensemble des membres du clan, n'était que l'apanage de quelqu'un ou quelques-uns, condition sine qua non pour préserver et assurer l'exercice du pouvoir social et donc politique sur l'ensemble du groupe.

Par la suite, la religion fut concurrencée par le Pouvoir politique ou militaire. Celle-ci fut prisée par des hommes trop ambitieux et intéressés par son exercice ; pour la laisser entre les mains de chamanes, de divins, de voyants ou de sorciers. L'individualisation du pouvoir prit alors forme allant au point d'asservir la chose religieuse elle-même pour asseoir leur autorité.

La figure de l'héros mythologiques, les légendaires guerriers des anciens temps qui, par œuvre de magie et un peu de religieux, se transformèrent en des élus des Dieux. Proclamés comme "lieutenants des Dieux sur terre", donc nés et choisis pour régner sur leurs peuples. L'image du Roi, qui fut ainsi et à jamais liée à celle des Dieux ou des grands esprits des religions animistes, était donc restée indissociable (du moins aux yeux de leurs sujets).

C'est la première instrumentalisation du religieux pour l'individualisation de l'exercice du pouvoir. Une autre tyrannie naquit qui, additionnée à celle du pouvoir religieux lui-même, était encore plus redoutable. Bien que pour les anciens philosophes ; Aristote, Platon et Héraclite, la société n'est pensable que sous l'égide des rois et donc des divisons entre ceux qui commandent et ceux qui obéissent, tout autre modèle relève donc de l'infra-société ou de la non-société tout court.

Adeptes de la règle du tout ou rien et à travers la politique, les religieux tentent tant bien que mal à récupérer du terrain perdu et donc du Pouvoir, que l'individualisation de celui-ci leur fit perdre, par malice ou par force. Alors que la démocratie moderne attaque le totalitarisme tyrannique de front, la laïcité, quant à elle, devenue une exigence de l'histoire, tente de faire sortir définitivement le religieux de la sphère du Pouvoir. Et comme la nature a horreur du vide, le pouvoir serait-il encore sujet à des convoitises ou encore une fois, se retrouvera-t-il usurpé par d'autres formes aussi malicieuses que subtiles?

La religion continuera d'exister car l'homme, qu'on le veuille ou non, l'homme est un être religieux et politique à la fois. C'est ce que l'anthropologie et la sociologie semblent nous confirmer ! La question est comment pouvons-nous cohabiter entre ce qui est séculier et ce qui est religieux? Cette cohabitation ne serait pensable pour le moment qu'en dehors de l'exercice du pouvoir lui-même, c'est-à-dire du politique.

LE QUOTIDIEN D'ORAN LE : 06-08-2014

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