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Intérêt général et contre-courants politiques.


Judas : Le salaire de la trahison ou le tribut du Salut ?

Publié par chaalal mourad sur 28 Août 2013, 09:20am

Judas : Le salaire de la trahison ou le tribut du Salut ?
 
 
 
 
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En trahissant Jésus, Judas Iscariote ou Ish-Kerayot, c'est-à-dire, l’homme de la banlieue ou Judas le Sicaire, comme appartenant à la communauté de sicaires. est montré par les Évangiles comme le disciple qui a vendu Jésus aux Romains et poignardé le maître dans le dos. Jusqu'au début du XXe siècle, tous les pères de l'Église ont affirmé comme une vérité la damnation de Judas. Ainsi, tous ceux qui défendaient le salut de Judas étaient déclarés hérétiques dans les trois premiers siècles de l'Église. De même, le catéchisme du concile de Trente, écrit au XVIe siècle, mentionne en trois lieux que Judas n’a pas profité de la rédemption et qu’il a perdu son âme.
Dans son livre : Judas et Jésus, une liaison dangereuse, Armand Abécassis, relate cet épisode de la vie de Jésus et de ses disciples. Plus que tous les disciples, Judas croyait en le messianisme de Jésus, il était avec lui lorsque celui-ci accomplit des prodiges, des signes disait Jésus. Cependant, pour quelqu’un qui disait : “ Si quelqu'un te frappe sur une joue, présente-lui aussi l'autre. Si quelqu'un prend ton manteau, ne l'empêche pas de prendre encore ta tunique” Judas, estimait que Jésus était trop pacifiste et “trop gentil” pour être un messie, à son goût.
 
Selon A.bécassis ; en livrant Jésus, Judas pensait que c’était la seule manière pour que le Messie se manifeste publiquement comme chef politique des Juifs. Ce faisant, Abécassis reprend une très vieille thématique, toujours non admise par l’Eglise, celle de l'apocryphe "Évangile de Judas", mentionné par Irénée de Lyon (IIe siècle). Laquelle, selon Abécassis, montre qu’il existait une véritable connivence entre Judas et Jésus.. Une discussion entre les deux personnages, dans laquelle Jésus dit à Judas " Tu les surpasseras tous. Tu sacrifieras l'homme qui m'a revêtu.". Selon les exégètes, cette phrase signifie que Judas contribuera à libérer l'esprit de Jésus en l'aidant à se débarrasser de son enveloppe charnelle. Ce qui a été fait, selon Matthieu 26, 15, puisqu’il la vendu pour 30 pièces d'argent. Judas le désigne aux gardes en l'embrassant (l'expression « baiser de Judas » désigne aujourd'hui un baiser du traître).
 
 
 
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Selon une analyse personnelle Jésus était de toute façon à la portée de ses ennemis, enseignant tous les jours au Temple et aux synagogues de Jérusalem , il pouvait être retrouvé de jour comme de nuit par ses détracteurs.Payer les services de Judas pour le livrer aux Romains, me paraît incompréhensible !
En disant : " Il faut rendre à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui est à Dieu.", Jésus énonçait un principe fondamental de la laïcité moderne, c’est à dire, le principe de séparation des pouvoirs politique et religieux. En plus il ne cessait de répéter que " mon royaume n’est pas de ce monde ". Jésus était donc totalement différent du personnage dessiné par l’Ancien Testament comme étant le messie guerrier, sauveur des hébreux, attendu par les Juifs depuis leur errance. Il devait selon eux, être au moins, du genre Moïse, celui qui héritera et restaurera le royaume de David, dont il est d’ailleurs l’un des descendants. Selon les Juifs, il serait appuyé par le Dieu d’Israël lui même et devrait détruire les ennemis des Juifs, combattre les Romains et libérer " le peuple de Dieu" de l’esclavage de cet Empire polythéiste.Tout comme l’avait fait Moïse face au pharaon d’Egypte. Image incrustée dans le l’inconscient des Juifs et de Judas plus particulièrement.
Pour Judas, l’enjeu dépassait et de loin, celui de montrer Jésus aux yeux des Juifs, comme un simple Messie mais comme un leader politique. Par " sa trahison présumée " ; Judas voulu peut-être forcer le destin et obliger Jésus à manifester le pouvoir surnaturel du dieu d’Israël devant tous les Juifs et devant leurs ennemies Romains. À l’instar de ce que fit le grand Moïse avec le pharaon d’Egypte, en lui versant des plaies redoutables. Lui faire comprendre la volonté ferme de de dieu de libérer "son peuple " de ses mains. Que cela, n’était pas une simple volonté d’un homme rebelle ou révolutionnaire, si l’on reprend la terminologie moderne. Ce même dieu qui fit traverser les hébreux à travers la mer Rouge, dans un autre prodige. Selon Judas, le Messie tant attendu, ne devait pas être moins puissant que le grand Moïse ! Judas agissait ainsi, comme un religieux politique, un hébraïste convaincu. c’est la première instrumentalisation du religieux à des fins politiques.
 
 
 
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Bien que Paul, rappelle que Jésus est apparu aux 12 apôtres dont Judas. Judas était donc choisi par le Christ. Néanmoins en théologie chrétienne, il est erroné d’attribuer un quelconque rôle à Judas dans le processus de rédemption ou dire que, sans lui, il n'y aurait pas eu d'arrestation de Jésus-Christ , suivie de crucifixion et donc de rédemption; toujours selon ce credo bien sûr !
Traître ou chargé d’une mission commanditée par Jésus lui-même, Judas ne pensait jamais que passées quasi 313 ans après sa mort éventré, Rome et à l’étendue de son Empire, se convertira totalement au christianisme sous Constantin 1er, jusqu'à en devenir l'unique religion officielle sous Théodose Ier et les dieux païens seront donc vaincus par la nouvelle foi chrétienne, le Messie aurait alors , vaincu Rome et le monde à titre posthume, sans verser une seule goutte de sang (théoriquement), au point où la chrétienté représente aujourd’hui la première religion au monde avec plus de deux milliards d’âmes vouées à Jésus.
Loin de moi l’idée de réhabiliter ce personnage qui, depuis la crucifixion de Jésus selon les évangiles, garde dans l’inconscient de nos frères chrétiens une image négative, et dont le nom est devenu depuis, synonyme de la traîtrise, de la malice et de la cupidité. Mais j’ouvre une piste différente.Déjà ouverte bien avant.
Par Chaalal mourad
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